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 Cheval de France

Cheval de France, édite, publie et distribue des ouvrages spécialisés dans différents domaines liés au cheval et à l'équitation.

Lunéville, la cité cavalière par excellence

Publié dans Culture équestre

luneville09Ouvrage collectif sous la direction de Patrice Franchet d'Espèrey
Format 18 x 27 cm - 236 pages
Edition : ACF
ISBN 978-2-915116-09-0
Prix public 25 €
 
 
 
Perspectives cavalières du siècle des lumières au XXe siècle.
Actes du VIIIe colloque de L'École Nationale d'Équitation.
 
 
Lunéville a été nommée " la cité cavalière par excellence ". Elle abrita jusqu'à 3 500 chevaux avec tout ce que cela implique du point de vue stratégique, militaire, économique, urbanistique, architectural, hippologique. Son histoire urbaine et militaire en tant que telle débute au siècle des Lumières, en remplacement du dispositif légitime en terme politique et cavalier mis en place au XVIIème à Commercy, et c'est dans ce contexte qu'un colloque se doit de lui être consacré. Comment et pourquoi cette ville a-t-elle été ce qu'elle fut ? Au début du XVIIIème siècle, en 1702, elle devint le Versailles du duc de Lorraine. Vers 1707, la maison des Pages et une Académie d'exercices, véritable école de cavalerie, y furent établies.

En 1720, un quartier militaire fut fondé pour loger les officiers de la maison du duc Léopold, puis deux compagnies de gardes du corps de Stanislas. Simultanément, ce dernier construit la place de la Carrière à Nancy. La construction, en 1787, du manège pour le corps d'élite des gendarmes rouges (qui s'y installa après le rattachement de la Lorraine à la France) fut l'œuvre de l'architecte Lecreulx, ingénieur en chef de la province de Lorraine en 1775, qui avait dressé les plans du bâtiment des carabiniers à Saumur. Il passait pour le plus grand d'Europe et sa charpente en bois à très longue portée était remarquable. C'est assurément le plus imposant, sinon le plus harmonieux des manèges militaires construits au XVIIIème siècle et apparemment l'un des seuls conservés.

En 1788, les carabiniers, qui étaient en garnison à Saumur depuis 1763, vinrent remplacer à Lunéville la gendarmerie licenciée. Lunéville demeura leur garnison centrale jusqu'en 1822. Devenue, à partir de 1824, le camp d'instruction de la cavalerie (année qui vit aussi la création de l'Ecole royale de cavalerie à Saumur), la ville comptera jusqu'à quatre quartiers de cavalerie et six manèges. Elle atteindra son apogée après 1870 au cours de la préparation de la Revanche. Au cours de ces deux siècles, de grandes figures cavalières marquèrent cette ville : le baron d'Eisenberg, Mottin de La Balme, le baron de Bohan et Alexis L'Hotte, écuyer en chef du Manège de Saumur, commandant de l'Ecole de Cavalerie, tous écuyers et théoriciens de l'équitation savante ou militaire. Leur œuvre participe très largement au débat sur l'emploi tactique de la cavalerie à partir des innovations de Maurice de Saxe et sur l'infléchissement de l'équitation savante vers une équitation plus ou moins utilitaire que cet emploi provoqua. On se penchera aussi sur leur inscription dans le débat d'idées marqué par les Lumières.

La difficulté à interpréter cette ville vient de ce qu'elle incarne l'ancienne idée du pouvoir liée au cheval. Deux ruptures, au XIXème puis au XXème, ont rendu obsolète l'idéal urbain lié au cheval et provoqué l'abandon et l'oubli que l'on constate aujourd'hui. Trois demi-journées tenteront de répondre sous trois grandes rubriques aux problématiques ainsi définies : Lunéville, naissance de la cité cavalière - art de la cavalerie et métier des armes au siècle des Lumières - apogée et fin de la cavalerie.